En perte au premier semestre, le gestionnaire aéroportuaire britannique BAA a annoncé avoir bouclé le refinancement de 625 millions de livres (760 millions d'euros) sur une dette subordonnée totale de 1,57 milliard de livres souscrite en 2006 lors de son acquisition par l'espagnol Ferrovial. Cette nouvelle facilité de crédit junior («Classe B») d'une durée de quatre ans devait initialement s'élever à 500 millions de livres, mais ce montant a été accru «pour faire face à la demande très excédentaire des banques partenaires nouvelles et existantes», précise le groupe britannique.
La marge payée au consortium de huit banques internationales «s'élèvera à 3,25% durant les trois premières années et atteindra 3,75% la dernière année », précise BAA. Celui-ci gagnera donc 750 points de base (pb) puis 250 pb par rapport à la marge bancaire (4% au-dessus du Libor) prévue dans le contrat de prêt subordonné conclu voici quatre ans. Le groupe britannique entend d'ailleurs réduire dès le mois de septembre d'environ 70% à 470 millions de livres le montant total de sa dette subordonnée. Il remboursera donc par anticipation jusqu'à 1,1 milliard grâce à cette nouvelle facilité de crédit, au tirage de 375 millions de livres provenant de lignes de crédit revolving et enfin à une partie du produit de cession de sa participation de 50% dans APP. BAA a en effet recueilli 244 millions de livres au printemps dernier en se désengageant de cette société constituée d'actifs immobiliers situés à proximité des aéroports de Heathrow, Stansted, Edimbourg et Gatwick.
Ce refinancement contribuera donc à «rééquilibrer la structure de sa dette entre les tranches senior, junior et subordonnées en maintenant ses ratios financiers dans les limites requises», souligne l'opérateur britannique. Il est vrai que la marge moyenne payée sur un crédit senior s'élève à seulement 1% au-dessus de l'indice de référence. BAA entend refinancer le reste de sa dette subordonnée, soit 470 millions de livres, «grâce au produit de cession d'autres actifs non stratégiques, à des prêts bancaires et à des émissions sur le marché des capitaux». Suite à cette annonce, le coût de protection de la dette du groupe mesuré par les CDS a diminué vendredi de 26,5 points de base (pdb) à 179 pdb, son plus bas niveau en trois mois, selon CMA-Datavision.