Axa veut y voir la «confirmation de la force (de son) modèle opérationnel». L'assureur a affiché au titre du premier semestre des résultats supérieurs aux attentes et conformes à sa stratégie de «croissance sélective», marqués par une progression des marges dans un contexte d'activité atone. La progression du chiffre d'affaires a été limitée à 1,4% (49,9 milliards d'euros). Le PDG Henri de Castries a dès lors martelé: «Nous nous battons pour les marges plutôt que pour les volumes et sommes heureux d'agir de la sorte.»
Axa s'est ainsi résolu à réduire la voilure dans certains pays développés matures, comme le Royaume-Uni, afin de permettre une allocation d'actifs vers des marchés jugés plus prometteurs, notamment en Asie, en Amérique latine ou en Europe de l'Est. «C'est une stratégie qui n'est pas aussi simple que lorsque l'ensemble du monde croissait au même rythme», a avancé le PDG.
L'assureur s'est pourtant dans ce contexte refusé à tout commentaire concernant sa volonté de prise de contrôle total d'Axa Asia Pacific Holdings, hors les activités australiennes et néo-zélandaises qui devraient être conservées par National Australia Bank à l'issue d'une offre menée conjointement avec Axa. Las, cette opération se heurte à la vigilance de l'autorité australienne de la concurrence. Axa APH a publié hier un repli de 19% de son bénéfice semestriel, à 219,2 millions de dollars australiens (151 millions d'euros).
Toujours dans le cadre de cette partie de go planétaire, la cession d'une part des activités vie, épargne et retraite au Royaume-Uni a nettement marqué de son empreinte les résultats financiers d'Axa. L'opération a en effet correspondu à une provision exceptionnelle, attendue, de 1,48 milliard d'euros, précipitant une chute de 28% du résultat net à 944 millions d'euros. Retraité de cet élément, le résultat affiche un gain de 81%.
En gestion d'actifs, le PDG a assuré «travailler très dur» pour inverser la tendance d'une décollecte qui a atteint 25 milliards d'euros au premier semestre. «Cela prendra un certain temps avant de ramener (la collecte) en terrain positif», a-t-il reconnu. Le montant d'actifs sous gestion a néanmoins progressé de 53 milliards d'euros à 898 milliards grâce aux effets de change.
Le ratio de Solvabilité I, enfin, a progressé de 17 points sur le semestre, pour s'élever à 188%.