Avec Wendel, l'AMF durcit sa position sur les franchissements de seuils

L’enquête sur la montée au capital de la holding dans Saint-Gobain permet surtout à son collège d’envoyer un message à la communauté financière

Par Antoine Landrot le 12/07/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

L'Autorité des marchés financiers (AMF) a bien diligenté une enquête sur la manière dont Wendel est monté au capital de Saint-Gobain, dont il détient aujourd'hui 17,7%. Une source proche du dossier a confirmé à L'Agefi l'ensemble des informations publiées vendredi dans Le Figaro. Aucun commentaire officiel n'a été obtenu.

Le régulateur reproche à la holding familiale d'avoir manqué à son devoir d'information vis-à-vis du marché. Au moment de sa déclaration de franchissement du seuil des 5%, le 26 septembre 2007, il s'était déjà constitué une position virtuelle à travers des options. Or, dans ce document, Wendel ne mentionne pas leur existence.

Mais rien ne garantit que la holding soit sanctionnée. Certes, la partie du formulaire de déclaration portant sur les origines du franchissement oblige le déclarant à mentionner les «actions ou droits de vote assortis à des actions déjà émises [qu'il] est en droit d'acquérir à sa seule initiative, immédiatement ou à terme, en vertu d'un accord ou d'un instrument financier». Mais ces deux derniers mots, qui visent les options d'achat, n'ont été ajouté par ordonnance qu'en janvier 2009, suite au rapport Field élaboré par le groupe de travail de l'AMF. La réforme du franchissement de seuil dans le règlement général (datée du 31 juillet 2009) est postérieure à l'affaire.

En outre, comme l'a montré l'affaire EADS, la position du collège de l'AMF n'est pas nécessairement suivie par la commission des sanctions. Certains évoquent même une divergence croissante.

Quelle que soit l'issue de la procédure, il est probable qu'il s'agisse d'un message ayant vocation à recadrer les pratiques de marché. «Depuis l'arrivée de Jean-Pierre Jouyet à la tête de l'institution fin 2008, on a le sentiment que l'AMF aborde sous l'angle répressif tout type de manquement aux règlements ou à la législation, comme en matière de franchissements de seuils ou d'OPA obligatoires, alors que traditionnellement, elle réservait ses sanctions aux abus de marché: fausse information, manipulation de cours, opérations d'initiés», explique Frank Martin Laprade, associé chez Jeantet & Associés.

La condamnation de l'espagnol Sacyr dans l'affaire Eiffage, trois ans après les faits, pour défaut de déclaration de franchissement de seuil, illustre le durcissement de la ligne de l'AMF.

Envoyer par mail
Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte
 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez vous

 

S’abonner gratuitement à la newsletter

 
 
 
 
Partenaires
Ishares
CPR Asset Management M&G Investments
 
 
 
 
 

Les événements de L'AGEFI

 
Le Cercle des Etats Majors - Mars 2012
lundi 12 mars 2012
 

 
 

Communautés

Derniers membres enregistrés
 
Liens commerciaux
L'AGEFI A VOTRE SERVICE