Dialogue actionnarial selon les uns, activisme selon les autres, quoi qu'il en soit, la pression s'accroît sur les entreprises qui possèdent une gouvernance à risque. De plus en plus d'institutionnels et de grands fonds qui montent en puissance se dotent d'une charte d'investissement éthique qu'ils appliquent à la lettre. A commencer par le fonds de retraite d'Etat norvégien, dénommé « fonds pétrolier », riche de 250 milliards d'euros, et qui détient 1 % des actions mondiales et 1,7 % des actions européennes en se renforçant pendant la crise. Désormais, parmi les quatre institutionnels long terme structurant du capital des entreprises du CAC 40, Norges Bank Investment Management (NBIM) serait notamment derrière la décision de Sara Lee de scinder sa direction générale de sa présidence et tenterait d'obtenir les mêmes changements chez Harris Corp. ou Cardinal Health... Autre action emblématique, NBIM appelle à renoncer à la fusion de Volkswagen et Porsche en dénonçant un manque de transparence et un risque de conflits d'intérêts. Le fonds souverain vient aussi d'exclure Rio Tinto de son champ d'investissement, arguant de préoccupations écologiques, et la société israélienne Elbit Systems, dont il a revendu les actions sine die. Monsato également a failli être mis sur la touche. Quand le fonds estime que les règles du jeu sont faussées, il le fait savoir.