Si Alstom et Schneider Electric ont proposé une valeur d'entreprise de 4 milliards d'euros pour Areva T&D (environ 8 fois l'Ebitda attendu cette année), l'impact de financement direct du rachat se limitera à 3,3 milliards d'euros (2,29 milliards de valeur des capitaux et 1,05 milliard de reprise de dette).
Le complément, comme l'ont détaillé les deux acquéreurs, se compose de quelque 200 millions de transfert d'engagements retraite et d'une enveloppe de 400 millions environ consacrée à l'éventuel rachat des minoritaires d'Areva T&D. Car T&D n'est pas propriétaire à 100% de toutes ses installations. Il a une filiale cotée en Inde dont le flottant est de 32,74%. Il a aussi deux coentreprises à 50/50 en Chine et en Indonésie. Des positions minoritaires qui ont représenté 8% de l'Ebitda en 2008.
Le cas de l'Inde est aujourd'hui tranché. Compte tenu de la réglementation locale, les acquéreurs devront faire une offre aux minoritaires, dont les parts valent sur le marché 320 millions d'euros. Mais rien ne dit qu'une telle somme devra être déboursée. «Habituellement, laisse-t-on entendre chez Schneider, les taux de réponse des minoritaires sont assez faibles sur ce type d'opération. D'abord parce que certains actionnaires préfèrent continuer à bénéficier des perspectives du groupe. Ensuite parce qu'il n'y a pas de prime». De fait, l'offre doit être basée sur une moyenne de cours passés. A l'heure actuelle, elle serait ainsi très proche du cours. D'ailleurs chez Schneider, on suggère un chiffre bien inférieur à ces 320 millions en estimant au pire aux deux tiers de l'enveloppe de 400 millions la part de l'Inde, soit 250 millions environ.
Sachant que l'impact de l'Indonésie est qualifié de marginal, le reste pourrait donc être affecté au dénouement de la coentreprise chinoise. Mais là encore, rien n'assure qu'à l'issue des discussions qui vont être engagées les partenaires souhaiteront sortir de la société commune.
Preuve de la faible probabilité de ces hypothèses de sortie, les 400 millions ne font d'ailleurs pas l'objet de provision et il n'est pas prévu qu'ils soient intégrés au financement de la structure commune (2/3 Alstom et 1/3 Schneider) qui fera l'acquisition d'Areva T&D. Ce coût éventuel sera directement pris en compte par les deux groupes. Cela tient aussi au fait que sa ventilation est aujourd'hui difficile à prévoir.