Face à une concurrence exacerbée par l'accélération des rapprochements et des concentrations sur le marché de la protection sociale, Aprionis tente d'assurer son indépendance et de figurer parmi les tout premiers acteurs du secteur en France. La nouvelle entité, issue du rapprochement entre Apri et Ionis en début d'année, a exposé hier sa stratégie et sa méthode pour parvenir à cet objectif et compte notamment sur la diversité de son portefeuille d'activité et sa concentration sur le marché de la protection des personnes (collectives et individuelles).
Le groupe, qui entend développer son attractivité et sa compétitivité tout en préservant son modèle économique et social, est également revenu sur l'état de son rapprochement avec Vauban-Humanis avec lequel une lettre d'intention a été signée en janvier 2008 en vue de créer un groupe unique en 2011. Une opération pour laquelle Aprionis entend agir de la même manière que lors de sa propre constitution, à savoir une phase en amont (définition des politiques et de la stratégie) assez longue pour permettre une phase en aval (développement opérationnel) rapide.
Conséquence, le président du sixième groupe de protection sociale en termes de dépenses de gestion pour l'ensemble de ses activités, Georges Bouverot, a estimé que l'opération avec Vauban-Humanis était actuellement « dans les temps » en clarifiant les valeurs et les orientations politiques du nouvel ensemble. Doivent ensuite venir, en début d'année prochaine, la définition des orientations stratégiques et de la gouvernance. L'objectif est ainsi de déposer un dossier de fusion auprès de l'Agirc et de l'Arrco en juin 2010 pour laisser le temps (six mois) aux représentants du personnel de se prononcer sur ce rapprochement.
Compte tenu des pressions législatives, réglementaires et économiques actuelles et tandis qu'il estime se situer parmi les « moyens-grands » de la profession, Aprionis a expliqué qu'il restait attentif à l'évolution du secteur et ne fermait pas la porte à d'autres rapprochements. D'autant qu'entre 1996 et 2009, le nombre de groupe de protection sociale a été divisé par trois, en passant de 55 à 18. Or comme l'expliquait en début d'année, Taoufik Megzari, associé assurance et protection sociale chez Aedian Consulting le « mouvement de concentration [actuel] devrait se poursuivre dans les dix prochaines années ».