Rusal a beau avoir perdu 20% par rapport à son prix d'introduction en janvier, son patron et grand actionnaire Oleg Deripaska ne désespère pas de proposer au marché d'autres dossiers, détenus par sa holding EN+.
Tandis que de nombreuses rumeurs ont agité le marché ces dernières semaines, EN+ aurait d'ores et déjà mandaté Bank of China (BoC) pour préparer l'IPO à Hong Kong de sa filiale minière SMR, selon Bloomberg. SMR assure 4% de la production mondiale de ferromolybdene. «EN+ est toujours intéressé par une mise sur le marché d'une part de ses actifs, mais nous ne donnons pas plus de détails», a simplement répondu un porte-parole du groupe russe.
Le projet est dans les tuyaux depuis plusieurs mois. Il devait même sortir en 2009 mais la crise a contraint le groupe en octobre dernier à repousser l'opération. Certes, les indices ne sont aujourd'hui guère plus haut qu'en octobre. Mais le sentiment s'est un peu amélioré sur les marchés. Dans l'intervalle, SMR a également pu restructurer et rééchelonner un prêt de 122 millions de dollars. Une opération bouclée le 1er mars. D'aucuns notent d'ailleurs à cet égard que l'empressement d'EN+ à mettre ses filiales sur le marché s'expliquerait par l'endettement de cette galaxie. Rusal en est en tout cas un exemple, le produit de l'IPO ayant servi au désendettement.
L'an passé, les estimations qui circulaient faisaient état d'une valorisation de 700 à 800 millions de dollars pour SMR et d'une ouverture du capital à hauteur de 25%.
Si ce projet sera à l'évidence d'une taille bien moins importante que celle de Rusal, qui a levé l'équivalent de 2,2 milliard de dollars, SMR n'est pas la seule opération évoquée par le marché. Comme évoqué ces derniers temps, l'année 2010 pourrait aussi voir arriver sur le marché de Hong Kong le producteur d'électricité EN+ Power (EuroSibEnergo). Regroupant les actifs d'EN+ dans l'énergie, cette division revendique une capacité de 19,5 gigawatts et vend environ la moitié de sa production à Rusal. L'objectif serait de lever au moins 1 milliard de dollars. Compte tenu de la taille de l'opération, BoC pourrait être rejointe sur le dossier par Deutsche Bank et Bank of America Merrill Lynch.