Amundi Japan: pour le lancement de cette nouvelle marque, issue de l'union des gestions de la Société Générale (150 salariés au Japon) et du Crédit Agricole (110), Yves Perrier, directeur général d'Amundi, a fait le déplacement. Car cette filiale pèse plus en actifs gérés (16 milliards d'euros à fin mars 2010) que la branche italienne, se plaçant ainsi derrière la britannique. Elle présente en outre un équilibre remarquable entre clientèles de particuliers et d'institutionnels –pour 75 % des fonds de pension, essentiellement clients de l'ex-SGAM.
Amundi entend accroître de 2 milliards d'euros nets sous trois ans ses encours auprès des institutionnels, la réforme des retraites japonaises offrant des perspectives aux sociétés de gestion. Elle n'est toutefois pas la mieux placée, aujourd'hui numéro 9 parmi les étrangères et 24 sur l'ensemble des intervenants. Elle pourrait en revanche dégager un milliard d'euros d'encours additionnels en proposant des produits «actions Japon» à l'étranger: «Tokyo est un de nos quatre centres d'expertises avec Paris, Londres et Hong Kong», rappelle Yves Perrier.
Amundi est par ailleurs numéro 3 en gestion collective parmi les étrangers, et numéro un des produits structurés tous acteurs confondus au Japon. Avec une palette de distributeurs constituée de 39 banques, 33 maisons de titres et une compagnie d'assurances, il se place comme le troisième acteur étranger sur le segment des particuliers et compte en devenir le premier. Resona, banque dans laquelle le Crédit Agricole a pris 3,8%, représente «en soi 60% des encours «retail» d'Amundi Japan», indique Yves Perrier. Mais l'ambition est de développer les relations avec des partenaires existants ou nouveaux. Et de renforcer la collaboration entre les entités de Tokyo, Hong Kong ou Paris. Au total, il s'agit de capter 8 milliards d'euros d'encours additionnels nets.
De fait, si le total des actifs financiers des Japonais apparaît comme le deuxième au monde, 55% y végètent en dépôts et liquidités. Tout reste donc à faire. En commençant par pallier le manque de formation aux produits et à leur vente dans les réseaux. «Cinq commerciaux de Chiba, deuxième banque régionale du pays, doivent prochainement passer un mois à Paris à cette fin», raconte Yves Perrier. Il s'agit aussi d'imposer la marque Amundi au Japon, comme en Italie où son lacement est prévu en septembre.