Le manque de grands projets d'Alstom a déprimé ses ventes. En effet, le groupe français d'infrastructures de transport et d'énergie a annoncé mardi un chiffre d'affaires de 4,74 milliards d'euros pour les trois mois clos fin juin, en baisse de 1% par rapport à la même période l'an dernier, mais en baisse de 5% en données organiques. Si les ventes de sa division transport ont augmenté de 9% à 1,6 milliard d'euros, celles de la branche power (énergie) s'inscrivent en baisse de 6% par rapport au premier trimestre de l'exercice 2009/2010 à 3,2 milliards d'euros.
Même si globalement le chiffre est supérieur à l'estimation moyenne du consensus Reuters de 4,67 milliards d'euros, il masque des commandes jugées très décevantes par les marchés. En effet, les commandes reçues par le groupe accusent une baisse de 36% à 3,07 milliards d'euros en données publiées. Grâce à un effet de change positif de 1,3 milliard d'euros, le carnet de commandes a cependant réussi à rester stable à 42 milliards d'euros au 30 juin 2010, soit 27 mois de chiffre d'affaires. «Le facteur clé de l'évolution du prix de l'action est la reprise éventuelle de grosses commandes dans la branche Power, et malheureusement cette annonce renseigne peu sur le sujet», regrettaient hier les analystes de Credit Suisse.
S'il observe une bonne tenue des prises de commandes de moyenne et petite tailles sur le trimestre, Patrick Kron, PDG du groupe, explique que «les grands projets restent difficiles à conclure car, malgré les nombreux appels d'offres en cours, les clients continuent de décaler leurs investissements dans de nouvelles centrales électriques.»
Côté perspectives, Alstom a confirmé que la marge opérationnelle pour les exercices 2010/11 et 2011/12 devrait se situer entre 7% et 8%, «sur la base d'une bonne exécution des contrats et d'une reprise progressive de la demande». L'an dernier, la marge opérationnelle était ressortie à 9,1%.
Le groupe a aussi confirmé qu'il était passé en situation de dette nette, du fait notamment du coût de financement de l'acquisition d'Areva T&D qui se monte à 2,3 milliards d'euros, mais également du dividende de 364 millions d'euros et de l'impact sur le cash flow libre du faible ratio commandes sur chiffre d'affaires. Alstom a finalisé en juin l'acquisition de la partie transmission d'Areva qui sera intégrée dans un nouveau pôle baptisé Alstom Grid.