Les compagnies aériennes doivent faire face à la pire crise du secteur. Les conséquences de l'éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull «sont mondiales, a déclaré Giovanni Bisignani, directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata). L'impact économique est désormais plus important que le 11-Septembre quand l'espace aérien a été fermé pendant trois jours». L'Iata vient de relever lundi ses estimations de pertes de chiffre d'affaires par jour à 300 millions de dollars (223 millions d'euros), contre 200 millions annoncés vendredi, dont un quart imputable à Air France-KLM, soit environ 75 millions d'euros. Pour sa part, la compagnie franco-néerlandaise a chiffré hier l'impact à 35 millions d'euros par jour sur son résultat net. Un chiffre bien plus élevé que la fourchette de 10 à 15 millions d'euros évoquée par CM-CIC. Et Air France-KLM mise au minimum sur cinq jours d'arrêt, soit 175 millions d'euros. Un chiffre qui ne fera que creuser la perte nette du groupe, déjà de 868 millions d'euros sur les neufs premiers mois de l'exercice à fin décembre 2009. De plus, l'Iata estime qu'il faudra six jours pour rétablir le transport après la réouverture de l'espace aérien.
Au sein du secteur, les compagnies seront diversement touchées. Seuls les acteurs du Nord de l'Europe (SAS, Finnair, British Airways, KLM, Lufhansa), à la différence de ceux du Sud (Iberia, Alitalia), pâtissent de la fermeture de l'espace aérien. Ainsi, Oddo et CA Cheuvreux estiment la perte opérationnelle quotidienne à 27 millions d'euros pour Lufthansa, 25 millions d'euros pour Air France-KLM, entre 9 et 11 millions de livres pour British Airways, et seulement 3 millions d'euros pour Ryanair.
Toutefois, la réouverture de l'espace aérien entraînerait «un effet de rattrapage sur les recettes puisque certains passagers reporteraient leur vol sur des dates ultérieures, ce qui accroîtrait le coefficient de remplissage des vols futurs», note Oddo. Les pertes d'activité de ces derniers jours pourraient ainsi être en partie effacées.
De son côté, la commission européenne se dit prête à revoir les conditions d'octroi des aides d'Etat aux compagnies aériennes prévues en cas de catastrophe naturelle, si elles ne sont ni discriminatoires, ni destinées à la restructuration du secteur. Pour sa part, l'OMC n'est pas opposée à ce soutien aux compagnies aériennes.