Progressivement, Ageas, né sur les cendres du groupe financier belge Fortis, solde son héritage; mais il n'est pas guéri pour autant. Au cours des six premiers mois, la société a connu une hausse de sa collecte de 22% par rapport au premier semestre 2009, à 9,6 milliards d'euros. Fruit de sa nouvelle stratégie en grande partie orientée vers l'Asie (L'Agefi du 11 mars), l'encaissement sur ce marché a bondi de 59%, à plus de trois milliards d'euros.
La situation financière du groupe est plus difficile à évaluer. Le bénéfice net après intérêts minoritaires de l'activité d'assurance a reculé de 31% à 180,5 millions d'euros (dont 67 millions en Asie). Mais cette chute s'explique en grande partie par la comptabilisation d'un avantage fiscal de 94 millions au premier semestre 2009. Sans cela, le résultat aurait affiché une légère progression. En revanche, il a été quasiment exclusivement porté par l'assurance vie, signe d'une forte dépendance de cette activité.
La division non-vie présente elle une perte de 6 millions, en raison d'un hiver «inhabituellement rude [ayant] aggravé la fréquence et la gravité des sinistres», selon la société. Elle est également pénalisée par les moins-values enregistrées sur la cession des obligations souveraines d'Europe méridionale. Une exposition qui a été réduite de moitié, à 8,9 milliards d'euros, alors que l'agence Standard & Poor's avait placé Ageas sous surveillance négative en mai dernier en raison de son exposition à cette région.
Le choix de s'orienter vers la distribution de produits d'assurance via la grande distribution au Royaume-Uni (à travers l'accord avec la chaîne de supermarché Tesco) a apporté 8 millions de résultat (comptabilisé dans le secteur «Autre»); une option stratégique confirmée par l'acquisition de Kwik-Fit Insurance Services en juillet.
L'ensemble du groupe enregistre un bénéfice net de 455 millions d'euros (un montant supérieur aux attentes), contre 896 millions un an plus tôt. En dehors du recul observé en assurance, le résultat a été touché par la restructuration du portefeuille d'investissements à hauteur de 55 millions. En outre, la dépréciation de l'option d'achat sur les actions BNP Paribas a pesé sur les comptes. De son côté, la banque, qui détient 25% des activités belges d'Ageas, a vu son titre progresser hier en Bourse suite à la publication de ces comptes.