Tout sourit à Accor pour sa nouvelle vie de pur hôtelier! Fort d'un résultat d'exploitation très au-dessus des attentes, à 154 millions d'euros (+109% en comparable) pour un consensus Bloomberg à 134 millions, le groupe a fixé pour 2010 un objectif de résultat d'exploitation de 370 à 390 millions, soit un bond de 57% à 65% sur un an. Le consensus n'espérait que 317 millions. Cet objectif «nous semble réalisable, compte tenu notamment des économies de coûts réalisées jusqu'à présent», note CM-CIC. Accor a déjà engrangé 25 millions d'euros d'économies au premier semestre, pour un objectif annuel de 45 millions, et après avoir réalisé 87 millions l'an dernier.
Néanmoins, Accor juge la visibilité toujours «réduite sur le second semestre 2010 en raison d'un environnement économique encore incertain». Pourtant, la tendance d'activité de juillet marque une amélioration par rapport au premier semestre, avec une hausse de RevPAR (revenu par chambre disponible) de 14,1% dans le haut et milieu de gamme en Europe (+7,1% au premier semestre), de 5,6% dans l'économique en Europe (+3% au premier semestre), et de 5,2% dans l'économique aux Etats-Unis (-4,2% au premier semestre).
Dans le cadre de son programme de réduction de 2 milliards d'euros de sa dette nette retraitée sur 2010-2013, Accor relève son objectif pour cette année, de 450 millions à une fourchette de 600 à 650 millions, à la faveur de l'accélération de son programme de cessions immobilières. Les cessions du premier semestre ont déjà permis de réduire la dette de 207 millions. Et en début de semaine, le groupe a annoncé la vente des murs de 48 hôtels en Europe pour 367 millions d'euros, permettant de réduire la dette nette de 282 millions. Fin juin, le groupe affichait une dette nette de 964 millions, contre 1,3 milliard fin décembre.
Au premier semestre, Accor a bénéficié à la fois d'un effet de base favorable et d'une reprise de l'activité hôtelière, et a renoué avec un résultat net positif de 12 millions hors coûts et impôts liés à la scission (perte nette de 64 millions en données publiées). Des résultats «encourageants et des objectifs qui doivent permettre au titre de reprendre de la valeur au regard des niveaux de valorisation particulièrement favorables», note Raymond James.