Même s'il n'a pas l'avantage face à sa rivale National Australia Bank (NAB), AMP se déclare toujours intéressé par Axa Asia Pacific Holdings (APH), la filiale d'assurance et de gestion de fortune d'Axa. Mais le deuxième gérant d'actifs australien par la taille peine à convaincre les investisseurs de la pertinence de son modèle économique; ses comptes du premier semestre 2010 ne devraient pas inverser la tendance.
En effet, le bénéfice a modestement progressé de 4,4% par rapport au premier semestre 2009, à 383 millions de dollars australiens (270 millions d'euros), décevant ainsi les analystes et le marché. Le titre a ainsi clôturé en recul de 4,3% à la Bourse de Sydney (à 5,09 dollars). En outre, les déclarations du directeur général d'AMP Craig Dunn n'ont pas rassuré. «Les perspectives mondiales restent incertaines à court terme», a-t-il déclaré à la presse hier.
Ce climat, propice à une course à la taille chez les gérants d'actifs, rend l'acquisition des activités convoitées de la filiale d'Axa d'autant plus nécessaire. A l'instar de NAB, le gérant s'intéresse en particulier aux activités australiennes et néo-zélandaises; il compte revendre à Axa les autres actifs. Une double opération qui permettrait également de désintéresser les actionnaires minoritaires d'APH, qui en contrôlent pour l'instant 46%, et d'avoir les coudées franches pour sa stratégie asiatique.
En décembre 2009, les administrateurs indépendants d'APH avaient refusé une offre d'AMP d'un montant de 12,9 milliards de dollars australiens (neuf milliards d'euros). Ils avaient en revanche accepté celle de NAB, formulée en mars dernier autour de 13,3 milliards de dollars (9,3 milliards d'euros). Mais les autorités de la concurrence de l'île-continent (Australian Competition & Consumer Commission) avaient bloqué l'opération en avril, invoquant le risque de position dominante. NAB a alors proposé certaines cessions d'actifs, en particulier dans les plates-formes de gestion. Début août, la banque a ainsi conclu la vente de sa filiale North Platform, qui gère près de 1 milliard d'euros d'encours, au gestionnaire de fortune IOOF. L'opération reste toutefois conditionnée à la réussite du rachat d'APH: les autorités australiennes doivent se prononcer d'ici au 9 septembre.