Une bonne nouvelle n'arrive jamais seule. Alors que la firme paneuropéenne de capital-investissement 3i s'apprête à faire son retour parmi les cent plus grosses valeurs boursières londoniennes (FTSE 100), ses actionnaires ont répondu présent à son appel au marché. Vendredi dernier, la société a en effet annoncé que ses actionnaires avaient souscrit à hauteur de 96,55 % à son augmentation de capital d'un montant de 732 millions de livres, menée par JPMorgan Cazenove et Merrill Lynch. 3i a ainsi pu émettre 523 millions de nouvelles actions sur un total de 542 millions, à un prix de 135 pence, soit une décote de 60 % par comparaison au prix de l'action le 7 mai, veille de l'annonce du projet d'augmentation de capital. JP Morgan Cazenove et Merrill Lynch se sont chargés de vendre les 18,69 millions d'actions restantes à un prix de 277 pences à d'autres investisseurs.
« C'est un niveau élevé d'acceptation », a souligné l'analyste Iain Scouller d'Oriel Securities, « le marché a évolué depuis un mois, pariant désormais sur une reprise et des acteurs cycliques. De toute évidence, 3i profite de ce mouvement ». L'engouement des actionnaires est aussi une bonne nouvelle pour le tout nouveau directeur général de 3i, Michael Queen qui a repris les rênes de la société fin janvier en remplacement de Philip Yea. Grâce à l'arrivée de cette manne d'argent, le directeur général va ainsi pouvoir s'attaquer à l'un de ses principaux chantiers, qui consiste à diminuer l'endettement du fonds à 1,1 milliard de livres au cours des douze prochains mois alors qu'il était encore de 1,91 milliard fin mars, faisant passer son ratio de dette sur fonds propres de 40 % fin 2007 à 103 % au 31 mars 2009.
L'augmentation de capital va également permettre au groupe de reprendre ses investissements à une période où les opportunités sont bien réelles. Cette reprise en main intervient alors que le groupe de capital-investissement a clos son exercice 2008 sur une perte de 2,15 milliards de livres alors qu'il dégageait encore un bénéfice de 792 millions de livres une année plus tôt. D'ici à 2011, le groupe veut aussi réduire de 15 % sa base de coûts, une initiative qui passera avant tout par la consolidation de son réseau.