Le succès de l'augmentation de capital de 3i cet été a permis à la plus importante société de private equity européenne cotée d'assainir son profil financier face aux aléas de la crise. L'opération de 732 millions de livres a en effet participé activement à une réduction de 1,9 milliard à 854 millions de l'endettement net au cours du premier semestre de l'exercice fiscal, à fin septembre, correspondant à un plongeon de 103 à 31% du ratio de dette sur fonds propres. A fin 2007, ce gearing s'établissait à 40%.
Mais 3i a également confirmé sa politique active de cessions. Les désengagements se sont élevés à 507 millions de livres sur six mois, soit le tiers du portefeuille identifié comme non stratégique. Des accords ont été signés pour la cession de 16% supplémentaires de ces actifs. Le rythme des investissements a en parallèle poursuivi sa décrue, à 190 millions contre 668 et 300 millions pour les deux semestres précédents.
Qui plus est, la valorisation des actifs s'est appréciée de 7,8%, contre des replis de 1,3 et 35,4% au cours des deux semestres précédents. Encore la performance à fin septembre 2009 a-t-elle été écornée par celle du portefeuille de participations non stratégiques (-7%), celle du pôle infrastructures s'établissant en parallèle à 15%.
Dès lors, 3i se targue de disposer d'un trésor de guerre de près de 2 milliard de livres, le double de celui affiché à fin mars, incluant des lignes de crédit non sollicitées pour 286 millions.
Si «3i est parée pour le retournement», comme l'assure son directeur général Michael Queen, la société reste prudente. L'environnement macroéconomique demeure fragile dans bien des pays, invitant à maintenir la priorité sur la gestion des coûts. Seules la Chine et l'Inde montrent des «signes clairs» de redressement, l'Asie étant la zone la plus susceptible d'offrir des opportunités sur le terrain de chasse privilégié de 3i, les opérations de taille moyenne. Ailleurs, le climat devrait «rester délicat pendant un certain temps». Pour le dirigeant, l'évolution de l'«économie réelle» ne justifie donc en rien le récent rebond boursier.
Michael Queen n'a par ailleurs pas manqué hier de mettre en garde les autorités, particulièrement européennes, contre l'intérêt, certes «légitime», qu'elles portent au renforcement de la régulation d'un secteur qui soutient le développement des entreprises.