La société de capital investissement britannique 3i Group a vraisemblablement entamé le processus de cession de deux participations en Allemagne, à savoir les groupes industriels MWM et Norma. C'est ce qu'a appris la semaine passée le Financial Times (FT), citant des sources proches de discussions «à un stade préliminaire». 3i s'est refusée à commenter ces «rumeurs de marché», une source proche confiant néanmoins à L'Agefi que les deux sociétés étaient effectivement «en passe d'être cédées».
Le quotidien britannique assure que 3i a mandaté des banques sur le sujet. D'un côté Rothschild, pour la préparation d'une entrée en Bourse de Norma l'an prochain, pour une valeur d'entreprise de 700 millions d'euros. De l'autre Credit Suisse, pour une mise aux enchères de MWM, valorisée à 500 millions d'euros, pourquoi pas dès cette année. 3i pourrait ainsi récupérer respectivement près de quatre et deux fois sa mise pour ces investissements réalisés il y a cinq et trois ans.
Le FT évoque l'impérieuse nécessité d'abaisser le niveau de dette comme étant à la source de la cession de MWM et de Norma. Or, la dette nette de 3i a bel et bien d'ores et déjà chuté, depuis deux ans, de près de 2 milliards de livres à 325 millions fin juin dernier. Comme le souligne Iain Scouller chez Oriel Securities, elle ne représente plus aujourd'hui que 10% de la valeur d'actif net de 3i, un niveau bien éloigné de tout seuil d'alerte.
La logique des opérations pressenties en Allemagne serait dès lors tout simplement à chercher du côté d'une politique plus classique de rotation du portefeuille de participations. L'analyste londonien estime que le temps est «logiquement» venu pour 3i d'étudier les opportunités de sortie.
D'autant que le directeur général du groupe de capital investissement, Michael Queen, a indiqué il y a un mois tout juste que les opportunités d'investissement ne manquaient pas. Il convient donc de s'en donner les moyens. Au deuxième trimestre, les investissements de 3i se sont élevés à 105 millions de livres, contre 76 millions un an plus tôt, les cessions à 79 millions, contre 163 millions.
Iain Scouller juge en outre que la matérialisation d'une cession majeure aurait de quoi animer le marché du titre, dont il juge le cours attractif autour de 285 pence actuellement contre une estimation de valeur d'actif net unitaire comprise entre 335 et 345 pence à fin septembre prochain.