Le contexte est peu favorable au crédit à la consommation. Pour la première fois depuis huit ans en France, la production de nouveaux crédits aura reculé l'année dernière. La baisse atteint 2% au cours des onze premiers mois, notamment en raison d'une chute brutale en novembre (-17,5%), selon l'Association française des sociétés financières (ASF). Celle-ci anticipe en année pleine une contraction comprise entre 3 et 3,5%, «soit la plus mauvaise performance réalisée depuis 1993 (-3,2%)». La récession provoque une chute de la consommation de biens générateurs de crédits, comme l'automobile.
La remontée probablement massive du chômage accroît en outre le risque de défaut de paiement des ménages. «Beaucoup d'acteurs réaffectent leurs équipes vers le recouvrement», assure un consultant. Ce risque social pousse les pouvoirs publics et les parlementaires à se saisir du sujet: un projet de loi sera présenté au plus tard le 31 mars 2009 – tandis que la directive européenne sur le crédit à la consommation devra être transposée d'ici à mai 2010. Certains professionnels craignent toutefois une législation trop restrictive, qui se limiterait à encadrer la production nouvelle. Une politique qui, selon eux, pénaliserait surtout les acteurs «indépendants» du crédit à la consommation (filiales de groupes de distribution, comme Banque Accord) et le secteur de la distribution: dans la VPC, l'activité dépend pour moitié du crédit renouvelable.
Ce contexte se double d'une contrainte majeure, principalement pour les indépendants. En provoquant le gel de la liquidité sur les marchés, ainsi qu'une flambée du coût du risque, la crise a fragilisé leur situation financière. Ne bénéficiant pas du soutien de groupes bancaires (contrairement à Cetelem, Sofinco, ou Franfinance), ils dépendent exclusivement des marchés pour se refinancer. Un facteur déterminant pour favoriser la consolidation du secteur.
2008 a déjà vu la prise de contrôle de Cofidis par le Crédit Mutuel-CIC, auprès de 3 Suisses International. Trois semaines avant l'annonce des négociations exclusives, Standard & Poor's avait abaissé de «A-» à «BBB+» la note à long terme de la filiale du distributeur, évoquant les «conditions de refinancement plus difficiles pour Cofidis». Mais à l'instar de celle-ci, les transactions futures se feront à des valorisations bien inférieures aux niveaux historiques.