L'avis de... Philippe Vidal, responsable de l'activité banque chez Accenture France

« Le modèle de la banque a changé »

Par Alexandra Oubrier le 17/11/2011 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

Quelle est la caractéristique principale de cette année 2011 pour les directions des systèmes d'information (DSI) des banques françaises ?

Les budgets informatiques ont progressé pour près de deux banques sur trois, avec des mesures de réduction sur la dernière partie de l'année. De nombreux projets d'investissement se sont inscrits dans l'objectif de réduire à terme la dépense informatique, grâce à des mutualisations de plates-formes ou des renouvellements de technologies moins coûteuses à maintenir. Dès les mois d'été, les DSI ont anticipé une année 2012 significativement plus contrainte puisqu'ils étaient déjà 75 % à envisager une réduction ou une stabilisation de leurs budgets. Ce mouvement s'est très probablement accéléré depuis.
La part du budget consacrée aux nouveaux investissements est assez inégale selon les réponses : elle serait stable pour 45 % des DSI, augmenterait pour 38 % mais baisserait pour 17 %. Comment interpréter ces réponses ?

Cette disparité s'explique par le fait que les grands projets sont probablement « sanctuarisés » tandis que les projets secondaires peuvent être remis en cause. Fondamentalement, le modèle de la banque a changé, l'activité devient moins rentable et il faut accentuer les efforts de réduction des coûts. Cela passe par des mutualisations de systèmes entre entités différentes au sein d'un même établissement ou avec des partenaires afin de partager le coût des investissements significatifs. Plusieurs établissements européens ont engagé ces investissements et vont se présenter comme de redoutables concurrents avec des coefficients d'exploitation réduits.
Quelles sont les priorités désormais ?

La première est de sanctuariser les projets stratégiques et même de trouver des moyens de les sécuriser et de les accélérer. Les études préalables sont plus poussées, la demande de démonstration du retour sur investissement est plus forte. Et la gouvernance est très étudiée, car plus le programme est important et transversal à l'entreprise, plus il nécessite une gouvernance particulière pour faire travailler ensemble des équipes qui n'en ont pas l'habitude ou aligner les métiers qui ne suivent pas le même calendrier.

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