La progression de la gestion indicielle n'est-elle que conjoncturelle ?
L'an dernier, alors que l'industrie de la gestion collective accusait une sévère décollecte, les fonds indiciels et les ETF (exchange traded funds) ont raflé la mise en Europe avec pour l'un et l'autre 50 milliards d'euros collectés. Il s'agit d'une montée en puissance initiée depuis de nombreuses années et accélérée par la crise : ces dernières années déjà, la gestion indicielle gagnait un point de part de marché par an. Les investisseurs cherchent à minimiser le coût de la gestion et à allouer leur budget de risque sur des poches plus réduites de gestion fortement active. Du côté des sociétés de gestion, si le modèle économique est très sérieusement secoué par la crise actuelle, l'essor de la gestion indicielle ne joue pas significativement à ce stade. En outre, le poids de la gestion indicielle est encore bien inférieur en Europe par rapport aux Etats-Unis.
Les produits de banques d'investissement que sont les « futures », les certificats, les CFD... viennent-il concurrencer les fonds indiciels traditionnels ?
La France est traditionnellement un marché d'OPCVM plutôt que d'obligations structurées. Et puis ces outils présentent un risque de contrepartie auquel est aujourd'hui particulièrement attentif tout investisseur. A mon sens, la tendance est plutôt à un recul vis-à-vis de ces produits.
Comment dissocier un bon produit indiciel d'un autre ?
Les questions de bon sens doivent prévaloir : le produit suit-il le marché, quelle est sa tracking error, mais également quel est le niveau des frais de gestion (et de courtage pour les ETF) qui viendront amputer d'autant la performance nette ? Certains gestionnaires qui proposent des fonds indiciels gérés en titres vifs prêtent ces derniers afin de stimuler la performance du fonds. Toute la subtilité pour un investisseur est de jauger le niveau de risque auquel il est exposé. Et aussi de comprendre dans quelle proportion cette technique qui vise la captation d'une performance supplémentaire lui bénéficie.