L'avis de... Stéphane Puel, avocat associé chez Gide Loyrette Nouel

« Un enjeu en termes d'attractivité financière pour notre pays »

Par Valérie Riochet le 21/01/2010 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

En novembre dernier, devant plus d'une centaine de professionnels de la gestion d'actifs, s'est déroulée une présentation ayant vocation à mieux faire connaître l'OPCVM contractuel...

Effectivement, nous sommes partis d'un mouvement fort du marché, à savoir la demande prégnante par les investisseurs de produits onshore et la volonté de loger les actifs dans des places plus sécurisées. En France, nous avons l'OPCVM contractuel, un produit totalement flexible qui bénéficie du cadre réglementaire de l'Autorité des marchés financiers (AMF). Partant de ce double constat, il nous est apparu que la place de Paris devait se saisir de l'occasion. Et afficher ses ambitions au niveau de son industrie alternative. De nombreux gestionnaires français qui s'étaient tournés ces dernières années vers des véhicules situés à l'étranger devraient ainsi trouver un outil totalement pertinent pour loger des stratégies pour l'heure abritées ailleurs, notamment dans des centres offshore. Quant aux acteurs implantés dans l'Hexagone, le ticket d'entrée de 250.000 euros permet d'offrir à une clientèle privée un outil sur mesure. Reste bien évidemment pour les sociétés de gestion à « tirer les premières ».

Cet outil est-il perfectible ?

Il ne souffre pour l'heure que de deux inconvénients : il ne permet par le versement d'un carried interest (obtention de parts de fonds, NDLR) en qualité de rémunération du gérant, comme cela est le cas dans le capital-investissement. Par ailleurs, dans le cas d'un fonds fermé de ce type, la société de gestion ne peut que consulter ses investisseurs, mais comme l'impose l'AMF, sans que ces derniers interviennent dans la politique de gestion du fonds. Une disposition que pourraient regretter certains investisseurs parfois interventionnistes comme les fonds souverains.

Que doit-on attendre de la directive AIFM ?

La société de gestion alternative (AIFM) obtiendrait, entre autres, un passeport européen lui permettant de commercialiser ses fonds contractuels partout en Europe. La question est donc de déterminer depuis quelle place elle le fera... avec tout l'enjeu que cela comporte non seulement en termes d'attractivité financière pour le pays choisi, mais également au regard des conséquences économiques bénéfiques que l'installation de gérants de hedge funds suppose...

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