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L'AVIS DE... PHILIPPE DANJOU, MEMBRE DE L'INTERNATIONAL ACCOUNTING STANDARDS BOARD (IASB)

" Oui à la convergence, mais pas pour aller vers le modèle américain "

le 12/11/2009

Les aménagements apportés à l’IAS 39 sur la catégorisation ne nous éloignent-ils pas de la convergence avec les Etats-Unis, pointée par le G20 ?


Le G20 veut la convergence, mais aussi que la comptabilisation des instruments financiers au bilan reflète l’horizon de détention. Nous avons simplifié et clarifié notre modèle mixte coût amorti/juste valeur, nous ne nous en sommes pas fondamentalement écartés. Les Etats-Unis, à l’inverse, semblent décidés à aller vers la « full fair value » pour tous les instruments financiers. Ce faisant, le FASB (Financial Accounting Standards Board, NDLR) s’écarte de son précédent modèle. Donc, nous disons oui à la convergence, mais pas pour aller vers le nouveau modèle américain. Par ailleurs, nous avons décidé de ne traiter pour l’heure que les actifs financiers et de ne pas modifier la comptabilisation des passifs, afin de ne pas diverger de la position commune actuelle. S’écarter des Etats-Unis ne serait pas très opportun dans le contexte économique présent.


Comment évolue le travail de l’IASB depuis la crise ? On vous a souvent fait le reproche de ne pas être assez à l’écoute.


La simplification de la norme sur les instruments financiers est une demande unanime. Nous ne l’aurions pas fait si cela était allé à l’encontre de l’intérêt des utilisateurs. Nous avons toujours écouté les arguments des uns et des autres, la consultation est au cœur de notre due process (procédure, NDLR). La mission fondamentale de l’IASB est de répondre aux besoins d’information des investisseurs et cela n’a pas changé avec la crise financière. Si revenir à davantage de coût historique est une demande des banques, cela ne répond pas forcément aux souhaits des investisseurs. Nous écoutons aussi les politiques, en participant au Conseil de stabilité financière et en consultant des experts de la régulation financière, la Commission et le Parlement européens. Après, il faut arriver à combiner les points de vue souvent divergents… Nous avons été amenés à faire des choix, en privilégiant d’abord la transparence, puis la simplification. Nous ne pouvons pas répondre favorablement aux demandes de ceux qui voudraient que l’on produise des normes visant à donner une apparence de stabilité aux bilans des banques. La comptabilité ne doit pas masquer la réalité économique du moment, mais elle ne doit pas non plus créer une volatilité artificielle. Trouver la bonne réponse est un exercice délicat, surtout si l’on considère la complexité des instruments financiers développés ces dernières années.
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