Va-t-on voir de nouveaux entrants dans le secteur cette année en Europe après le lancement de Source et de HSBC en 2009 ?
Le marché des ETF (exchange traded funds, NDLR) attire de nombreux acteurs, mais le ticket d'entrée est élevé. Nous estimons qu'en dessous de 5 milliards d'euros d'encours, les structures ne peuvent pas être rentables compte tenu des contraintes (lancement de nouveaux produits, diversité de la gamme, cotation sur plusieurs places boursières...). En France, Natixis, qui aurait la structure nécessaire pour lancer des ETF grâce à sa banque d'investissement, est par exemple absent pour l'instant. Mais l'arrivée de nouveaux acteurs me semble peu probable en l'absence de changement réglementaire fort. En revanche, je crois que nous allons assister à des rapprochements dans le secteur des ETF, comme le récent rachat d'iShares par BlackRock. La réglementation Ucits 4, gommant un peu plus les frontières à l'intérieur de l'Europe, devrait favoriser ce mouvement. Finalement, la consolidation en cours dans le domaine de la gestion d'actifs concerne aussi directement le secteur des ETF.
Quels sont les défis auxquels doivent faire face les émetteurs d'ETF dans un marché européen en forte croissance, près de dix ans après le lancement des premiers produits en Europe ?
Les investisseurs maîtrisent de mieux en mieux les ETF, mais les émetteurs doivent continuer leur travail de pédagogie auprès des institutionnels et des particuliers sur ces produits plus complexes qu'il n'y paraît. Surtout, l'heure est maintenant venue pour les émetteurs de rendre leur stratégie plus lisible aux yeux des institutionnels. Leur positionnement en matière de type de réplication, de frais de gestion et de liquidité doit notamment être clairement identifié de façon à ce qu'un investisseur puisse plus facilement différencier les différents ETF sur un même indice. Pour les particuliers, il faudrait développer la distribution des ETF via l'assurance vie, ce qui pose la question du traitement des rétrocessions.