Où en est votre réflexion sur l'intégration de critères extra-financiers dans la gestion traditionnelle (« mainstream ») ?
Cela fait partie de nos projets : on ne peut pas isoler définitivement les critères extra-financiers dans les fonds ISR (investissement socialement responsable). Nous les considérons non pas comme une contrainte mais bien comme un élément de décision supplémentaire pour les gérants, comme le PER (« price earning ratio ») ou tout autre ratio financier.
Quelles sont aujourd'hui vos pratiques ?
Nous nous sommes engagés à ne pas investir, dans l'ensemble de notre gestion, dans le secteur des mines antipersonnel et des bombes à sous-munitions. Par ailleurs, nous avons entamé cet été une réflexion sur la façon dont nous pourrions formaliser nos pratiques vis-à-vis des sociétés ne respectant pas les PRI (« principles for responsible investment ») des Nations unies. Les fonds ISR se concentrent sur les meilleurs élèves dans chaque secteur (« best in class »). Nous pourrions imaginer que la gestion « mainstream » s'interdise, quant à elle, d'investir sur les très mauvais élèves (« worst in class »). Aujourd'hui, nous constatons que ce type de valeur est sous-pondéré dans nos portefeuilles. Nous étudions l'éventualité de formaliser leur sous-pondération dans notre process, voire de les exclure systématiquement. Cette décision concernera l'ensemble de la gestion actions et obligations crédit.
Quelles problématiques cette réflexion soulève-t-elle ?
Si nous décidons de formaliser une exclusion ou une sous-pondération des mauvais élèves, il nous faudra être capables de justifier nos choix vis-à-vis de ces sociétés cotées et d'avoir un processus d'exclusion transparent et rigoureux car cette réflexion est très engageante. Nous espérons que cela les incitera à améliorer leurs pratiques pour sortir de la liste des mauvais élèves.