Quel regard portez-vous sur l'état du marché du carbone ?
Il est en plein essor et présente toutes les caractéristiques d'un marché financier traditionnel, comme l'a démontré récemment la chute des prix du carbone affectée par la crise financière globale. Cependant, l'évaluation du risque dans les problématiques de carbone n'en est qu'à ses débuts et les compétences dans ce domaine sont encore difficiles à trouver. Les développements à venir devraient s'accompagner de transactions beaucoup plus sophistiquées et d'une connaissance du risque plus maîtrisée.
Comment définiriez-vous les stratégies d'investissement actuellement en vigueur au sein des fonds CO2 ?
D'un point de vue géographique, les investissements se font essentiellement en Amérique du Sud, en Chine et en Inde tandis que l'Afrique semble complètement ignorée, du moins à ce stade de développement. Les stratégies actuelles reposent essentiellement sur des projets à faibles risques comme les énergies renouvelables ou encore l'efficacité énergétique, mais à court terme, une meilleure approche du risque combinée à une meilleure connaissance du secteur devrait conduire à une plus grande diversité dans les stratégies d'investissement utilisées.
Quelles sont les conséquences de la crise financière sur les opérations des fonds CO2 ?
On table surtout sur la réduction des niveaux de valorisation et sur une contraction du marché dans la mesure où la réduction des rendements rend ce secteur beaucoup moins attractif pour les investisseurs. Naturellement, cette situation devrait particulièrement affecter les fonds carbone en devenir et il sera sans doute intéressant de voir si les gouvernements auront besoin de refinancer les fonds existants afin de les maintenir en vie.
* Spécialiste du changement climatique et des marchés du carbone