L'avis de... Mohamed Damak, analyste crédit et codirecteur du groupe de travail sur la finance islamique chez Standard & Poor's

" Les émissions de ‘sukuk' rebondissent "

Par Thierry Zakhia le 05/11/2009 pour L'AGEFI Hebdo

 
 


Les émissions de « sukuk » ont marqué le pas depuis fin 2007. Quelles en sont les raisons ?
En effet, les émissions de sukuk ont culminé à 35 milliards de dollars en 2007, avant de décliner de près de 50 % en 2008. Certes, les doutes émis par l'AAOIFI (Accounting and Auditing Organization for Islamic Financial Institutions, NDLR) sur la conformité de certains sukuk à la charia ont pu peser. Mais il faut dire que cela a amené une plus grande uniformisation, ce qui n'est pas plus mal pour les investisseurs. La poursuite du déclin des émissions est plutôt due au moindre appétit pour le risque des investisseurs, la baisse des liquidités disponibles, ainsi qu'au retournement économique, surtout dans les pays du GCC (Gulf Cooperation Council, NDLR). D'ailleurs, l'illustration en est donnée par les Emirats Arabes Unis qui étaient un acteur de référence du marché en 2008 et dont la part dans les émissions est tombée sous les 5 % en 2009. Enfin, il faut souligner que les derniers chiffres laissent apparaître un rebond depuis fin juillet 2009 : à fin septembre, les émissions de
sukuk atteignaient 15,3 milliards de dollars, soit mieux qu'en 2008.




On remarque également une prédominance des émissions souveraines. Est-ce le signe d'une plus grande défiance après les deux premières défaillances de « sukuk » ?
Ces défaillances ne remettent pas en cause la solidité du modèle de finance islamique car la plupart des institutions financières islamiques ont mieux encaissé le choc que leurs homologues conventionnelles. Mais c'est un fait, les conditions de marché sont aujourd'hui plus restrictives et les investisseurs préfèrent des titres d'émetteurs souverains ou associés car le risque de crédit est plus faible. Ainsi, les sukuk souverains (Etats et entités qui leurs sont associées) ont représenté près des trois quarts des émissions au cours des trois premiers trimestres de 2009. La multiplication des émissions souveraines présente l'avantage de créer l'équivalent de la courbe des taux de la finance conventionnelle. Une courbe par rapport à laquelle pourront se référencer les émetteurs corporate.


Envoyer par mail
Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte
 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez vous

 

S’abonner gratuitement à la newsletter

 
 
 
 
Partenaires
Ishares
CPR Asset Management M&G Investments
 
 
 
 
 

Les événements de L'AGEFI

 
Le Cercle des Etats Majors - Mars 2012
lundi 12 mars 2012
 

 
 

Communautés

Derniers membres enregistrés
 
Liens commerciaux
L'AGEFI A VOTRE SERVICE