Quel bilan tirez-vous de l'exercice qui s'achève ?
Selon nos estimations, le chiffre d'affaires des cabinets d'audit, tous métiers confondus, aura crû de 2 % seulement en 2008-2009, après une hausse de 3,3 % en 2007-2008. Sans les « big four » et Mazars, la croissance du secteur est deux fois plus élevée, à 4 %.
Les gros cabinets voient-ils leurs positions s'éroder ?
Les acteurs moyens, qui se sont organisés en réseaux, gagnent des parts de marché à leurs dépens. Depuis quelques années, ils élargissent leur couverture géographique ou se rapprochent de cabinets spécialisés pour proposer notamment du conseil fiscal et social. Certains, comme Baker Tilly, affichent même une véritable politique de marque, à l'instar des « big four », tout en conservant une grande proximité avec leurs clients. Mais le mouvement inverse s'observe aussi chez Deloitte et KPMG qui continuent à renforcer leur maillage en province.
L'avenir de l'audit passe-t-il par le conseil ?
Les « big four » n'ont pas reconstitué des pôles de conseil aussi conséquents qu'au début des années 2000. Les réglementations mises en place après la chute d'Andersen, coulé par le scandale Enron, et les rivalités parfois profondes entre le conseil et l'audit ont laissé des traces. Mais la loi laisse des espaces de liberté et les cabinets veulent clairement jouer la carte de la pluridisciplinarité. D'autant que l'audit légal offre désormais moins de relais de croissance, notamment chez les grands comptes, et que les missions liées aux IFRS se tarissent.