Comment vous positionnez-vous dans l'univers des MTF (« multilateral trading facilities ») ?
Nous traitons en moyenne 30 % de notre volume journalier sur les MTF. Nous avons intégré cette offre dès la mise en place de la directive MIF (Marché d'instruments financiers, NDLR) avec comme objectif de mieux servir le client final, c'est-à-dire d'obtenir dans la mesure du possible un meilleur cours que celui offert sur les marchés principaux pour chaque ordre que nous exécutons. Par ailleurs, cela nous permet d'améliorer notre qualité globale d'exécution en répartissant les ordres sur différents marchés pour réduire notre propre impact sur le marché principal.
La consolidation du secteur vous paraît-elle nécessaire ?
Les MTF sont trop nombreux avec une part de marché qui, pour certains, demeure assez faible. Nous préférions avoir deux ou trois plates-formes alternatives performantes avec une part de marché importante qu'une multitude d'acteurs qui, en raison d'une faible part de marché, n'arriveront pas à survivre. Le modèle économique des MTF me semble viable à long terme. Mais ils doivent se diversifier et surtout s'assurer de ne pas se faire la guerre. Ils auraient tout intérêt à se regrouper pour devenir à terme une force plus importante encore.
Qu'attendez-vous de la réforme de la directive MIF ?
Nous souhaitons qu'elle apporte plus de clarté sur des principes assez flous qui laissent trop de part à l'interprétation. Il est notamment nécessaire de définir précisément la notion de « meilleure exécution » qui doit être mise en place dans le seul intérêt du client final. Nous souhaitons également la mise en place du « consolidated tape », qui permettrait à tous les acteurs de connaître les cotations en temps réel de toutes les places de négociation. Enfin, nous espérons que la réforme va inciter tout le monde à jouer le jeu (marchés et courtiers), ce qui n'est pas encore toujours le cas.