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RENCONTRE AVEC... SEAN EGAN, FONDATEUR ET DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AGENCE EGAN JONES

" Le conflit d’intérêts n’est pas gérable "

le 17/07/2008

Votre agence est indépendante et ses notations rémunérées par les investisseurs. Quel jugement portez-vous sur les projets de réforme du secteur, notamment celui de la SEC ?


Je leur reproche d’abord de considérer comme gérable le conflit d’intérêts qui fait que l’émetteur rémunère son agence de notation. Ensuite, les investisseurs institutionnels doivent prendre leur part de responsabilités. S’ils utilisent des notations provenant d’agences rémunérées par leurs émetteurs, ils doivent en informer ceux au nom desquels ils investissent et exercer une « due diligence » renforcée.


Que pensez-vous de la création d’une échelle de notation spécifique aux produits de financement structuré ?


Nous y sommes opposés pour trois raisons. La première est que cela met la SEC (Securities and Exchange Commission) en situation de devenir une sorte de police des notations. De plus, si les travaux de notation étaient financés par les investisseurs, une autre échelle ne serait pas nécessaire. Enfin, cela les conduira à se demander, chaque fois que des produits sont mis sur le marché, si les notations existantes sont appropriées. Il faut reprendre cette réflexion.


Les doutes croissants sur les grandes agences de notation vous ont-ils profité ?


Oui, notre activité a progressé de 25 % depuis le début de l’année. Mais nous le devons surtout à la pertinence de notations qui ont très tôt mis en évidence les difficultés des assureurs monoline ou des banques d’affaires et des maisons de titres par exemple. Notre métier est de publier des notations qui informent les investisseurs le mieux possible. Le métier de Moody’s, S&P ou Fitch, c’est de publier des notations qui facilitent l’émission de titres, ce qui est parfaitement légitime puisque les émetteurs assurent environ 80 % de leurs revenus.
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