Les produits structurés à destination des collectivités locales sont-ils tous nocifs ?
Il ne faut surtout pas faire l’amalgame entre les produits structurés classiques et certains produits structurés très risqués. Dans le cadre d’un emprunt à long terme, se protéger contre l’évolution des taux d’intérêt est une démarche intelligente. Cependant, on constate une évolution dans l’offre bancaire. Avant 2005, on a assisté à l’émergence de produits structurés qui ont fait leurs preuves, comme des produits à barrière sur euribor ou sur libor, ou encore les « euribor post-fixés » avec des phases courtes et maîtrisables. Ces produits ne rajoutent aucun risque à la dette par rapport à un taux variable, bien au contraire. En revanche, la nouvelle gamme de produits apparue depuis (produits de change, produits de pente, snow ball…) est décevante et fait peser des risques sur le coût de l’endettement des collectivités locales.
L’amélioration de la performance grâce aux produits structurés est-elle prouvée ?
Sur les produits de la nouvelle gamme, la réponse est non. De nombreuses collectivités locales gèrent leur dette de manière simple et dégagent des performances aussi bonnes, voire meilleures qu’avec des produits structurés. Elles réfléchissent à leur stratégie d’endettement. Et lorsqu’elles s’endettent à taux variable, elles couvrent leur risque de taux par des produits dérivés « simples », du type caps ou swaps vanille, qui présentent de nombreux avantages : maîtrise de la dette, souplesse et une meilleure comparaison des produits d’une banque à l’autre. Quant au taux fixe, il représente encore 40 % de l’encours de la dette des collectivités locales et le taux variable classique environ un tiers.
Est-on à la veille d’une crise de crédit sur les collectivités locales ?
Non, pas à grande échelle. Les collectivités locales continuent dans l’ensemble d’afficher des finances saines. En revanche, il peut y avoir quelques cas isolés, où la collectivité locale aura des difficultés à maîtriser la spirale infernale de sa dette. Le taux moyen de la dette des collectivités s’établit à 4,40 % au 30 juin 2008, ce qui constitue une très bonne performance par rapport aux conditions de marché. L’augmentation de 0,20 % observée sur les six derniers mois s’explique d’abord par l’évolution des taux. Il semblerait par ailleurs que les banques aient même un peu diminué leur offre de produits structurés au premier semestre. Elles commencent peut-être à faire profil bas, étant donné le flou sur leur horizon économique. D’un autre côté, le contexte actuel ne favorise pas vraiment les produits de pente.
* Cabinet de conseil aux collectivités locales