L'avid de... Laurent Berrebi, chef économiste de Groupama AM

« La croissance devrait retomber à 1 % au second semestre »

Par Florence Guédas le 08/07/2010 pour L'AGEFI Hebdo

 
 

La reprise à l'œuvre aux Etats-Unis est-elle durable ?

L'essentiel de la croissance est attribuable au cycle des stocks. Cette contribution positive à la croissance joue depuis le troisième trimestre 2009 et a continué à y concourir au deuxième trimestre. Mais cet effet a ses limites. Il suffit en effet que le restockage ralentisse pour peser sur la reprise en cours. Or, hors stocks, la croissance américaine apparaît déjà deux fois plus faible au premier trimestre - à 0,9 % - qu'au quatrième. Par conséquent, la croissance devrait retomber à 1 % au second semestre - soit 0,2 % par trimestre - si les autres composantes ne prennent pas le relais.

Sur quelles autres composantes l'économie peut-elle s'appuyer ?

Justement, c'est compliqué. Il y aurait bien l'immobilier résidentiel. Mais une fois que les incitations fiscales s'arrêtent - crédit d'impôts -, on court le risque d'une rechute à cause des contraintes de financement qui pèsent sur les banques. Ces dernières savent qu'elles vont devoir continuer d'augmenter leurs provisions pour créances douteuses - couvertes à 60 % seulement -, c'est pourquoi elles maintiennent des conditions de financement très dures. L'autre variable, l'investissement des entreprises, n'augure rien de bon non plus. Les investissements en nouvelles technologies de l'information vont se modérer en raison du ralentissement des profits domestiques lié à des gains de productivité bien plus faibles, conséquence du retour des créations d'emplois. Du côté des ménages, les indices de confiance montrent que la consommation devrait progresser sur un rythme annualisé de 2 % seulement, au lieu des 3 % du début d'année. Quant aux exportations, il paraît difficile de compter dessus dans un contexte de hausse du dollar et de difficultés en Europe. Au total, la croissance devrait être de 2,6 % en 2010.

Pourtant, le revenu des ménages progresse. Ne peut-on y voir un soutien à la consommation ?

Le rebond du revenu disponible brut va plutôt à la reconstitution du taux d'épargne. Si l'on regarde comment la croissance de la consommation a été financée au premier trimestre, ce n'est pas par le recours à l'endettement. Au contraire, les ménages se désendettent à un rythme jamais vu depuis les années 30. Ils sont contraints de vendre des actifs financiers pour financer leur consommation. Dans ces conditions, la baisse du taux d'épargne ne peut pas durer bien longtemps. La hausse du revenu disponible leur permettra de reconstituer leurs capacités d'épargne et leur patrimoine : le taux d'épargne remonte d'ailleurs depuis le mois de mars.

Envoyer par mail
Imprimer cet article
Rétrécir le texte
Agrandir le texte
 
 
 
 

Réagir à cet article

 
Merci de vous identifier ou de vous inscrire pour réagir à cet article.

0 réaction(s)
 
 

Inscrivez-vous

Pour découvrir gratuitement L'AGEFI Quotidien, WikiFinance, les panels interactifs et notre espace communautaire sur www.agefi.fr

Déja inscrit(e) ou abonné(e) ? Identifiez vous

 

S’abonner gratuitement à la newsletter

 
 
 
 
Partenaires
Ishares
CPR Asset Management M&G Investments
 
 
 
 
 

Les événements de L'AGEFI

 
L'AGEFI TECHDAY 2012
mercredi 6 juin 2012
 

 
 
 
Liens commerciaux
L'AGEFI A VOTRE SERVICE