« Etre une femme m'a parfois gênée au cours de ma carrière. En France, l'arrivée d'une femme à un poste de direction provoque encore plus de jalousie chez un homme, car cela lui donne le sentiment que l'on prend sa place. La jalousie y est plus présente qu'à l'étranger où l'on admire le succès, tandis que chez nous, il n'est pas assez valorisé. Lorsque j'ai créé Axa Private Equity en 1996, je m'appuyais sur un groupe, Axa, que Claude Bébéar avait alors déjà rendu international. J'ai donc eu moins besoin de la France. Aujourd'hui, chez Axa Private Equity, notre directeur financier, notre directeur juridique et notre responsable des investissements mezzanine sont des femmes. Mais j'ai le sentiment que les prochaines années vont être encore plus difficiles pour les femmes qui occuperont des postes exécutifs car celles qui accéderont à ces niveaux de responsabilités dans des entreprises seront mises à très rude épreuve par les hommes. Ces derniers sont très solidaires entre eux, et si les femmes le sont aussi, elles restent moins nombreuses. Il faut avoir une bonne défense et une épaisse carapace lorsqu'on est une femme dirigeante, car les attaques peuvent être dures. »