La concentration du secteur de l'épargne salariale va-t-elle s'accélérer ?
Je le pense, et on risque de voir disparaître certains petits acteurs. C'est un marché de volumes, qui implique de financer de nombreux actes de gestion administrative ou financière, d'où de nombreux coûts fixes - entre 90 % et 95 % - exigeant une base d'encours conséquente. De plus, on constate une pression de plus en plus forte sur les frais de gestion financière, ce qui s'est traduit par une baisse de la rentabilité des acteurs. Désormais, certains acteurs recherchent la taille critique. C'est une vraie tendance de fond.
Quel est le principal enjeu pour les acteurs ?
Ils ont besoin d'être présents sur ce marché et d'avoir cette capacité de service intégrant désormais toutes les solutions autour des périphériques de rémunérations. La donne a notamment changé avec le développement du Perco (Plan d'épargne retraite collective, NDLR). Aujourd'hui, il n'y a plus vraiment de rupture dans les solutions dédiées aux entreprises entre retraite et épargne. De plus en plus d'entreprises ont besoin de communiquer de manière cohérente sur l'ensemble de ces sujets. Il est donc important pour les acteurs d'avoir une offre de service complète en la matière, permettant aux salariés d'avoir une vision globale sur les avantages offerts par leur entreprise.
Quel impact pourrait avoir une remise en cause de ses avantages fiscaux ?
Une telle démarche risquerait de constituer un frein certain au développement de l'épargne salariale. Toutefois, il faudrait abandonner un grand nombre d'avantages fiscaux et sociaux pour remettre en cause un système qui, globalement, reste très attractif. Par ailleurs, de plus en plus d'entreprises ont pris conscience de l'intérêt d'avoir de tels produits à destination de leurs salariés. A mon sens, il ne devrait donc pas y avoir de remise en cause totale du système.