Paris a raison d’y croire

le 05/07/2018 L'AGEFI Hebdo

Paris a raison d’y croire

Partie sous les lazzis quand le Brexit a pointé à l’horizon, la capitale française a effectué depuis un retour étourdissant dans la compétition entre métropoles candidates à la succession de la City. Au point que c’est dans une atmosphère de sérénité un peu inespérée que Paris Europlace, le lobby qui conduit la bataille pour la localisation en France des activités financières aujourd’hui installées à Londres, change de président. C’est un flambeau bien allumé que Gérard Mestrallet s’apprête à transmettre à son successeur Augustin de Romanet.

« L’effet Macron » a joué à plein bien sûr. Mais l’Ile-de-France, où devrait s’installer la quasi-totalité des transfuges en provenance d’outre-Manche, ne s’en est pas contentée. Si Paris compte parmi les destinations les plus prisées par les financiers tentés de quitter les bords de la Tamise, c’est à la mobilisation de tous les responsables français concernés qu’il le doit : associations et acteurs de la place, régulateurs, décideurs politiques – nationaux, régionaux et locaux –, ont mis leurs différends dans leurs poches pour faire oublier le « pays de la taxe à 75 % sur les revenus » au profit de celui de la réforme sociale et fiscale, du Grand Paris, des JO de 2024 et de l’art de vivre. Aujourd’hui, le bilan est déjà positif, avec près de 4.000 emplois déjà en voie de relocalisation en France. D’autres, directs mais aussi sans doute induits, sont à venir car, contrairement à une idée répandue, la course au Brexit n’est pas un sprint. C’est une épreuve de fond. Londres ne s’est pas faite en un jour. Paris, pas plus qu’aucun autre centre financier ambitieux, ne peut espérer se construire sans persévérance.

A ce propos, la constance des décisions prises, récemment encore, montre que, quand on veut, on ne manque pas en France de suite dans les idées. La loi Pacte, présentée mi-juin, est ainsi venue compléter un dispositif d’allègements des contraintes sociales et fiscales déjà bien engagé. Après avoir exonéré de taxes sur les salaires les rémunérations entrant dans le régime des impatriés, étendu de surcroît à huit ans, ce dernier comportera une dispense temporaire – pour trois ans, renouvelable une fois – d’affiliation au régime obligatoire de retraite pour les salariés relocalisés en France. La promesse en avait été faite en janvier : elle a été tenue. Forte de deux régulateurs européens, bancaire et des marchés, de banques et d’assureurs nationaux puissants, d’une Bourse paneuropéenne, d’industries de la gestion d’actifs et de capital-investissement solides, d’un pack de grands émetteurs très favorablement dimensionné par rapport à la taille de notre économie, et enfin de fintech innovantes, la France a presque tous les atouts pour réussir en finance, à l’exception sans doute d’une vraie culture actions que le gouvernement compte encourager à l’occasion de privatisations. Mais de complexe, Paris n’en a plus. D’ailleurs, l’avez-vous remarqué ? Les lazzis ont cessé ! 

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